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Réaction du Maghreb à la déclaration de Trump sur Jérusalem

Actualizado: 1 jun 2021

Donald Trump a rompu avec des décennies de diplomatie américaine

C’est une menace pour le processus de paix, s’alarme les pays du Maghreb. Le roi du Maroc, les autorités algériennes et tunisiennes condamnent à l’unisson la décision américaine de déplacer l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv vers la Ville sainte, Jérusalem, et de la reconnaître comme capitale de l’État Hébreu.


Résumé de la presse marocaine

Billet à l'effigie du roi du Maroc

Selon le quotidien Le desk, le roi Mohammed VI, en sa qualité de président du Comité Al-Qods (Jérusalem en arabe), une entité créée en 1975 par l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et réunissant les soutiens de la cause palestinienne au sein du monde arabe, a adressé un message au président américain, Donald Trump ainsi qu’au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres. Il a expliqué que cette déclaration est susceptible d’impacter négativement les perspectives d’une solution juste et globale au conflit palestino-israélien, sachant que les Etats-Unis d’Amérique sont l’un des principaux parrains du processus de paix et jouissent de la confiance de toutes les parties.


Il s’est également entretenu avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour «réitérer la solidarité forte et constante du Royaume avec le peuple palestinien frère dans la défense de sa cause juste et de ses droits légitimes, notamment concernant le statut d’Al Qods Al-charif (la Ville sainte de Jérusalem)».

En même temps, le ministère des Affaires étrangères a convoqué le 6 décembre la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Rabat. Une rencontre à laquelle ont assisté les «quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité à savoir la Chine, la France, le Royaume-Uni et la Russie» ainsi que l’ambassadeur de Palestine au Maroc. Le but de cette démarche marocaine est de se conformer au référentiel international, notamment aux accords de Camp David, sachant que le statut de Jérsalem doit faire partie des négociations au stade ultime entre Israël et la Palestine. Elle a également pour but de sauvegarder «la stabilité d’une région qui est déjà en ébullition» et d’éviter l’affaiblissement «du camp de la paix», a indiqué le quotidien h24info.


D’autre part, des milliers de manifestants ont participé, le 10 décembre à Rabat, à la marche nationale de solidarité avec le peuple palestinien en protestation contre la décision du président américain Donald Trump. La manifestation est organisée à l’initiative du Groupe d’action nationale de soutien à la Palestine et l’Association marocaine de solidarité avec la lutte palestinienne pour réaffirmer la position constante du peuple marocain, toutes tendances confondues, partis politiques, syndicats et organisations des droits de l’homme, soutenant les droits légitimes du peuple palestinien et sa cause juste.


Résumé de la presse algérienne

Côté algérien, le ministère des Affaires étrangères a dénoncé avec force cette grave décision. D’après lui, elle constitue une violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de la légalité internationale et en ce qu’elle remet en cause toute possibilité de relance d’un processus de paix depuis trop longtemps à l’arrêt. Cette décision fait peser, en conséquence, de lourdes menaces sur la paix, la sécurité et la stabilité d’une région névralgique déjà fortement meurtrie, a indiqué le quotidien.


D’autre part, selon le quotidien, la décision de Donald Trump a aussi été dénoncée par les imams durant le prêche de ce vendredi dans plusieurs mosquées du pays. Ils condamnent cette décision qui constitue une nouvelle atteinte à la cause palestinienne et à la nation musulmane toute entière. À cet égard, l'imam de la mosquée Errahmane à Baraki, a condamné un acte provocateur «qui nous rappelle la triste Déclaration de Balfour en 1917 ayant ouvert la voie à la création d'Israël». Il a appelé, à cette occasion, l'ensemble des musulmans à réagir à cette provocation américaine envers la Palestine, car il s'agit de tout un symbole de la nation musulmane.


Par conséquent, à Alger, des centaines de citoyens sont sortis après la prière du vendredi pour dénoncer la décision américaine et afficher leur soutien au droit du peuple palestinien dans sa lutte contre l'occupant sioniste, comme ce fut le cas dans les quartiers d'Alger-Centre, Belouizdad, El-Harrach et Bab Ezzour. Dans ce sillage, le Mouvement de la Société pour la paix (MSP) a organisé un rassemblement devant son siège à El-Mouradia ayant regroupé des parlementaires, des militants et des sympathisants du parti, sous le slogan «Le vendredi de la colère pour le triomphe d'El Qods» pour exprimer leur désapprobation de la décision américaine et leur soutien au peuple palestinien.


Dans ces conditions, Les deux chambres du Parlement algérien ont fermement dénoncé la décision du Président américain de reconnaitre El-Qods occupé capitale d'Israël, mettant en garde contre les graves conséquences sur le processus de règlement pacifique du conflit dans le cadre de la légalité internationale. D’après le communiqué : «Au moment où le peuple palestinien et la communauté internationale aspirent à la relance du processus de paix à travers un règlement juste de la question palestinienne et en dépit des obstacles qui entravent la mise en œuvre des décisions et chartes de la légalité internationale pour permettre au peuple palestinien d'édifier son Etat indépendant avec El-Qods comme capitale, nous avons été surpris par un acte inconséquent et une décision précipitée qui va à contre-courant du processus de règlement du conflit conformément aux principes de la charte des Nations unies».


Le parlement algérien a réaffirmé en ces moments difficiles, son soutien ferme et indéfectible au peuple palestinien pour le recouvrement de ses droits légitimes notamment son droit à l'édification d'un Etat indépendant avec El-Qods comme capitale.


Résumé de la presse tunisienne

Drapeau tunisien

Le ministre des affaires étrangères en Tunisie a déclaré que cette décision entraînera plus de tension et d’instabilité dans la région, outre la provocation des sentiments de la communauté arabe et musulmane tenant compte de la symbolique de la Ville sainte.


D’autre part, dans la soirée du 6 décembre des habitants de Tunis se sont rassemblés à l’avenue Habib Bourguiba, agitant le drapeau palestinien et appelant les autorités tunisiennes à rompre leurs relations avec les États-Unis qui ne se sont pas conformés aux résolutions des Nations unies et aux accords de paix de Camp David entre Palestiniens et Israéliens.

Dans la matinée du 7 décembre, des centaines d’élèves de différentes villes notamment Tunis, Meknassy, Chebba et Kasserine, ont manifesté dans les établissements scolaires, d’autres ont effectué des marches en scandant «Al-Qods capitale de la Palestine». À Sfax (centre-est), deuxième ville de Tunisie, environ un millier de manifestants sont descendus dans la rue. Les protestataires ont brûlé les drapeaux des Etats-Unis et d’Israël, appelant au renvoi de l’ambassadeur Daniel Rubinstein à Tunis. Ils ont, également, réitéré leur soutien à la cause palestinienne ainsi que leur appel au boycott des produits américains.


Le président de la République, Béji Caïd Essebsi a adressé une lettre au président palestinien, Mahmoud Abbes dans laquelle il a réitéré le soutien absolu de la Tunisie à la cause palestinienne, notamment à la suite de la reconnaisse de l’administration américaine d’Al-Quds en tant que capitale d’Israël et son intention d’y déplacer son ambassade. Le président de la République a dénoncé cette «annonce unilatérale», considérant qu’il s’agit d’une «violation des droits historiques du peuple palestinien et une atteinte à ses aspirations légitimes en vue d’obtenir sa liberté et son indépendance».

Il a, également, estimé qu’il s’agit d’une «violation flagrante de la légalité internationale et d’un désengagement des accords palestino-israéliens établis sous l’égide des USA, selon lesquels la situation de la ville sainte devra être tranchée lors des négociations de la solution finale». «Ce pas sans précédent est une preuve irréfutable de la partialité totale envers la partie israélienne et un franc désengagement des accords internationaux, compliquant les efforts de la réinstauration de la paix. Cela contribue à l’intensification des tensions et l’aggravation de la situation sécuritaire dans la région, outre la provocation et la négligence des sentiments de la communauté arabo-musulmane». Par ailleurs, Caïd Essebsi a renouvelé le soutien de la Tunisie au peuple palestinien, soulignant que le pays fournira tous les efforts nécessaires pour une mobilisation internationale afin de remettre la cause palestinienne sur le devant de la scène et d'assurer une reconnaissance absolue du droit du peuple palestinien à bâtir un pays indépendant, dont la capitale sera Al-Quds.


Les réactions des partis tunisiens


A l'issue de l'annonce du président Américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et de transférer son ambassade dans cette ville, plusieurs partis politiques tunisiens ainsi que l'UGTT (Union générale tunisienne du travail) ont condamné cette décision.


Pour l’UGTT, Sami Tahri, secrétaire général adjoint de la centrale syndicale a déclaré que la décision de Trump est considérée comme une déclaration de guerre dans région. Il a précisé que des rencontres seront probablement organisées avec plusieurs partis politiques et la société civile au siège de l'UGTT, pour protester contre cette décision jugée dangereuse.

De même, Borhen Bsaïes, chargé des affaires politiques au sein de Nidaa Tounes a indiqué que le parti condamne fortement l'annonce des USA sur Jérusalem. Il a ajouté que cette annonce est un nouveau coup porté au processus de paix au Moyen-Orient.


Pour sa part, Le président du bloc parlementaire d'Ennahdha Noureddine Bhiri a indiqué que le mouvement condamne l'annonce de Trump et appelle tous les députés à faire face à cette dangereuse décision. Ennahdha considère qu'il s'agit d'une violation des accords des Nations Unis et d'une menace sérieuse à la paix dans la région et dans le monde.



La Ligue Arabe face à Donald Trump